Le papier aussi nuisible à l'environnement que le plastique ? Un mythe tenace !

Mardi 2 octobre 2018 — Aux Pays-Bas, un débat fait rage quant aux vertus du sac en papier en remplacement du plastique. D'après des 'experts' de l'industrie du plastique et de certaines organisations, comme le Nederlandse Milieu Centraal et Greenpeace, le papier serait aussi mauvais pour l'environnement. L'acharnement avec lequel certains milieux propagent ces non-sens sur le papier et le carton prend de plus en plus souvent la forme de fake news. En effet, le papier et le carton peuvent avancer de solides arguments attestant qu'ils sont bel et bien une alternative durable aux emballages et sachets en plastique.

Le papier ne détruit pas la forêt
L'une des légendes les plus récurrentes qui minent la crédibilité du papier consiste à prétendre qu'il faut abattre des hectares de forêt pour en assurer la fabrication. 2,2 millions d'arbres supplémentaires seraient ainsi nécessaires pour compenser la fin de la distribution de sacs en plastique. C'est évidemment totalement mensonger. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) a démontré que les forêts européennes avaient progressé de 45 000 km² ces 10 dernières années, soit la surface de la Suisse. Les fibres de bois utilisées pour la fabrication de papier proviennent en grande partie de déchets de scieries et de produits secondaires de la forêt. Et en Belgique, on utilise de plus en plus de papiers et cartons certifiés PEFC ou FSC issus des forêts soumises à une gestion saine et durable. Enfin et contrairement aux matières fossiles nécessaires à la production du plastique, le bois utilisé pour la fabrication de papier est une ressource renouvelable. Mettre ainsi sur pied d'égalité l'impact écologique d'une ressource renouvelable avec celle du pétrole est naturellement absurde.

Les vieux papiers sont une matière première renouvelable et non un produit jetable
Plus de 50 % des fibres utilisées pour le papier et le carton sont constituées de vieux papiers. Les Belges sont les champions d'Europe dans la collecte et du recyclage de papiers et de cartons. Ce n'est pas un hasard si l'industrie du papier est devenue pionnière d’une économie circulaire qui préserve les ressources naturelles et réinjecte sans cesse les fibres usagées dans le cycle de production. Et lorsque du papier ou du carton sont malgré tout jetés dans la nature, ils ne la pollueront pas pendant des années en raison de leur caractère biodégradable. Une qualité à laquelle ne peut prétendre le plastique, dont les résidus finissent souvent dans les océans et forment un "continent" de plastique   qui menace la faune aquatique.

Le papier stocke du CO2
Toute activité économique a une empreinte écologique, c'est inévitable. Mais établir une relation systématique entre l'exploitation des forêts et une hausse des rejets de CO2 revient à masquer une partie de la réalité, bien plus complexe. Les arbres captent et stockent durablement le CO2 de l'air. Lors de l'emploi de bois pour du mobilier, des boiseries, du papier et du carton, le CO2 reste emmagasiné et ne disparaît pas dans l'environnement. Qui plus est, l'exploitation des forêts va de pair avec leur régénération. Et des forêts en croissance et bien gérées absorbent davantage de CO2 que des forêts inexploitées et non entretenues. Bref, une gestion active et durable de la forêt contribue à la lutte contre l'effet de serre.

Quiconque veut lancer un débat sur les facettes écologiques du papier et du carton d'une part, du plastique ou de tout autre produit d'autre part, doit éviter de tomber dans la désinformation, de porter des jugements hâtifs et inconsidérés et doit au contraire donner à chacun la possibilité d'exposer ses arguments.

Le papier et le carton sont des produits d'avenir par excellence et représentent bien une alternative écologique au plastique. La filière du papier est circulaire, pionnière de la bioéconomie, et utilise une matière première renouvelable. Ses produits sont entièrement recyclables et biodégradables, Depuis les propriétaires forestiers jusqu'aux consommateurs finaux, elle contribue activement à la distribution d'un produit respectueux de l'environnement. Loin d’être « destructive » pour l'environnement, elle incarne au contraire l'exemple d'une industrie durable tournée vers le futur.